Les outils du graveur

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Quelques outils du graveur : a. roulette ; b. brunissoir (agate) ; c. brunissoir (boule) ; d. brunissoir (acier); e. grattoir ; f. berceau.
La gravure, c’est à dire le processus d’incision délibérée dans une matrice afin de créer différentes illustrations, nécessite une série d’outils que le graveur doit utiliser. Ces outils dépendent du procédé de gravure que l’artisan ou l'artiste emploie. Toute une série d’objets et de machines peuvent et doivent être utilisée pour la création d’une gravure. Il est question ici de présenter brièvement les principaux outils qui sont maniés directement par les mains du graveur lors de l’exercice de son travail. On y retrouve des descriptions du burin, de la pointe sèche, du berceau, du brunissoir et finalement de la roulette.

Le burin

Le procédé de gravure associé à l’outil du burin est la taille-douce. Dans le cas de la gravure sur matrice de cuivre destiné à la production d’estampes, le type de burin utilisé est une courte lame d’acier trempé tenu dans la main grâce à une poigne permettant de tracer des lignes dans la matrice (Galerie Wittert, 2017). Il est de plus possible d’effectuer ce travail de gravure sur des matrices de bois. La technique de la taille-douce apparût vers le XVe siècle et pris de l’importance jusqu’au XVIIe. Malgré la possibilité d’effectuer des traits très fins et précis, la taille-douce au burin présente la limitation de ne pas pouvoir créer de la profondeur de traits dans les estampes résultant de cette technique. On tient le burin dans la main de façon à avoir les doigts très près de la planche de travail. Cet outil, malgré sa grande précision lorsque sa lame est bien aiguisée, est très fragile (Gondard, 2010).

La pointe sèche

Encore une fois, la taille-douce est le procédé de gravure associé à l’outil de la pointe sèche. La pointe sèche se décline en différents types de pointes. L’outil ressemble à un crayon et se tient de la même façon, seulement on y retrouve une pointe plutôt qu’une bille telle que dans un stylo. On y trouve des pointes faites en diamants, en céramique, en tungstène, en acier et bien d’autres variations (Galerie Wittert, 2017). Plusieurs artistes et artisans ont utilisé ce processus afin de créer des tailles dans leur gravure ayant un aspect irrégulier, voire nerveux. Toutefois, la façon de tenir sa pointe et la manière de l’utiliser crée des variations très fortes dans l’effet obtenu. Ainsi, on obtient des traits dits « barbes » en enfonçant de façon forte la pointe, ces traits devront être nettoyés en faisant de l’ébarbage (Gondard, 2010).

Le berceau

Ici, le procédé de gravure associé à l’outil du berceau est la manière noire. La manière noire permet de créer des zones avec des noirs très profonds dans des estampes, grâce à une méthode de poinçon. Le berceau existe en différente taille et est composé d’une lame en demi-cylindre qui est maintenu grâce à un manche. Ce dernier, qui a plusieurs petites pointes aux extrémités de son demi-cylindre, poinçonne la matrice. On l’utilise en faisant balancer le berceau sur une même section de la matrice dans plusieurs directions afin de s’assurer d’obtenir la profondeur de noir désiré (Gondard, 2010).

Le brunissoir

Comme pour le berceau, le processus associé au brunissoir est la manière noire. Après avoir utilisé le berceau afin de pointiller la plaque sur laquelle travaille le graveur, ce dernier utilise un outil nommé brunissoir qui a pour fonction d’aplanir les trous qu’il a créés afin de faire réapparaitre le blanc dans sa gravure. En plus des blancs, son maniement permet aussi d’obtenir des teintes de gris (Gondard, 2010). Le brunissoir est composé d’une lame en acier poli. Certains brunissoirs utilisent plutôt une pierre d’agate ou d’hématite. [1]. En plus d’aplanir les trous, il permet de corriger des erreurs commises par le graveur lors de la création de sa gravure.

La roulette

À la manière du burin, le procédé de gravure associé à l’utilisation de la roulette est la taille-douce, et plus précisément la manière de crayon. La molette est composée, tel que le nom l’indique, d’une molette au bout d’un manche. Cette molette est parfois texturée de pointes et permet de créer des effets sur la gravure se rapprochant des traits de crayons (Galerie Wittert, 2017). On l’utilise aussi afin de créer des contours légèrement brumeux ou imprécis afin d’affiner les traits du visage d’un personnage, par exemple. Il est de plus possible de créer diverses teintes de gris grâce à cet outil. On nomme parfois cet outil une rouelle dentée [2].

Bibliographie (Normes APA)

Béguin, A. (1977). Dictionnaire technique de l'estampe (Vol. 1). A. Béguin.

Bersier, J. E. (1974). La gravure: les procédés, l'histoire. Berger-Levrault. pp. 663-665. Repéré à www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1965_num_123_2_449706_t1_0663_0000_4

Galerie Wittert - Collections artistiques de l'Université de Liège (Belgique). (2017). Techniques de la gravure. Repéré à http://www.wittert.ulg.ac.be/fr/dossiers/techniques/depart.html

Gondard, C. (2010). Les procédés de gravure. Bulletin de la Sabix. Société des amis de la Bibliothèque et de l'Histoire de l'École polytechnique, (47), 5-11. Repéré à https://journals.openedition.org/sabix/945

Notes

  1. Ces informations proviennent de la page web http://andre.beguin.free.fr/html/technique/dico.htm qui rassemble certaines des descriptions liées aux techniques de l’estampe présentes dans le livre « Dictionnaire technique de l'estampe » d’André Béguin.
  2. Ibid.